Planches dessinées

Le bois a sa propre mémoire. Ses veines, ses nœuds, ses fentes sont autant de cicatrices d’une vie antérieure — arbre, forêt, vent, saisons. Lorsque je peins sur une planche brute, je ne pars jamais d’une page blanche. Je dialogue avec une matière qui a déjà quelque chose à dire.

Les formes et les couleurs naissent en conversation avec le support. La silhouette d’une souche oriente la composition. Une rainure devient une ligne de fuite. Un nœud du bois devient un centre de gravité autour duquel tout s’organise.

C’est une pratique qui exige de lâcher prise sur l’intention initiale — d’accepter que le matériau soit co-auteur de l’œuvre. J’arrive avec mes pigments, mes idées, mon geste. Le bois arrive avec sa propre histoire. Ce qui en résulte appartient à cet espace de rencontre.

Ces planches peintes sont aussi des objets dans l’espace, pas seulement des surfaces. Leur épaisseur, leur poids, leur irrégularité les ancrent dans le réel d’une façon que la toile ne permet pas toujours.

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