Vestiges

J’ai toujours été fasciné par les processus de dégradation inéluctables des constructions humaines. Comme de nombreux artistes avant moi inspirés par les ruines grecques ou romaines. Angoisse et fascination du temps qui passe et qui efface ? Sublimation esthétique de la déchéance et de ses laideurs ?

Dans cette série, je traque les vestiges que la nature reprend patiemment. L’entrelacement des squelettes de bateaux échoués, les restes sinistres des blockhaus que les sables engloutissent, les amoncellements de carcasses de voitures que la végétation dévore inexorablement — autant de témoignages silencieux d’un monde qui se défait.

Ces œuvres ne sont pas des élégies mélancoliques. Elles sont des portraits. Chaque rouille, chaque fissure, chaque planche vermoulue raconte une histoire humaine interrompue. Je peins ces lieux comme on recueille un dernier souffle — avec respect, avec attention, avec une forme de tendresse pour ce qui disparaît.

La lumière joue ici un rôle central. Elle révèle ce que le temps a sculpté mieux que n’importe quel ciseau. Elle transforme la désolation en beauté étrange, l’abandon en présence.

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